Never give up ! La course de Tristan lors de l'Ironman de Hawaii

Never give up ! La course de Tristan lors de l'Ironman de Hawaii

Le 15 octobre dernier, Tristan Beaufils a participé à ses premiers Championnats du Monde Ironman à Kona, Hawaii. Cet événement a marqué pour lui la fin d'une année sabbatique dédiée au triathlon qui lui aura permis de révéler son talent. Après une première victoire sur l'épreuve 70.3 de Aix en Provence puis une seconde sur l'épreuve reine à Nice dans la catégorie 18-24 ans - 9e au général - , sa présence à Hawaii sonnait comme l'aboutissement d'une saison réussie. Malgré la reprise de ses études en septembre et un volume d'entrainement réduit de moitié, il est arrivé à Kona avec "de la fraîcheur physique et mentale" mais surtout une grosse motivation. Après avoir réalisé une natation prudente, il remonte 980 concurrents sur les 180 km de l'épreuve de vélo, à près de 38km/h de moyenne sur le 54-10. Son Victoire Vitesse sur-mesure en acier s'est ainsi démarqué des modèles en carbone autant dans le parc à vélo que sur les longues lignes droites de QueenK. Tristan a une fois de plus prouvé que les performances de son Victoire n'ont rien à leur envier. Sa position parfaitement adaptée, couplée au pouvoir de filtration de l'acier, lui auront permis de réduire sa fatigue à l'entame du marathon. Malgré un gros coup de chaud sur cette dernière épreuve, il termine 3e de sa catégorie. Retour sur une journée mémorable. 

 

Never give up !

Ce samedi 15 octobre,  j’ai vécu à la fois la pire et la meilleure journée de toute ma vie. J’ai découvert cette épreuve gigantesque qu’est l’IRONMAN de Kailua-Kona et en même temps la magnifique Big Island d’Hawaii. Un seul mot me vient à l’esprit pour décrire cette course : Frissons.

Des frissons à 5 heures du matin, quand la tension est à son comble. Les visages sont fermés et nous sommes tous très concentrés : vélo, casque, chaussures, alimentation, hydratation… tout doit être parfaitement millimétré car la journée sera longue, et ici, la moindre erreur ne pardonne pas.

Des frissons à 6h30 quand l’hymne américain retentit dans cette magnifique baie de Kailua et son Pier noir de monde pour assister au départ de ces 39ème Championnats du Monde IRONMAN. La main sur le coeur.

Des frissons au coup de canon pour le départ des pros hommes à 6h35 puis femmes à 6h40. Au prochain coup de canon de 7h05, ça sera mon tour…

L’attente se fait dans l’eau, les minutes qui s’écoulent me paraissent être des heures. Le coup de canon retentit, c’est parti pour un peu plus de 3,8 km de natation. Je suis mon pote lillois Stef Briquez qui lui en est à son 6ème Hawaii. Il connait bien cette baie, il me montre le chemin. Pendant la natation, je crois apercevoir une tortue mais en fait ce n’était qu’un simple bonnet de natation que quelqu’un avait du perdre. Je sors au bout de 1h09. Je me sens très bien. Pendant la transition je prends 1 minute pour passer par la case atelier crème solaire. Les bénévoles sont géniaux toujours là pour penser à tout ! De la crème solaire, il en faudra, pas un seul nuage en vue.

C’est parti pour 180 km de vélo direction le nord de Big Island sur la fameuse Queen K, une autoroute, avec des lignes droites interminables, qui traverse des paysages magnifiques entre terres désertiques, champs de lave et bord de mer. Des frissons. La première partie est très rapide jusqu’à Hawi, avec un vent de 3/4 qui aide un peu ! Les 90 premiers kilomètres se font à près de 40 km/h. Les 90 suivants seront vent de face ! Pendant tout le retour j’ai l’impression de lutter contre un énorme sèche cheveux. Il commence à faire très chaud. J’ai du boire une bonne dizaine de litres sur cette partie vélo que je boucle en 4h48 à environ 38 km/h de moyenne, j’ai remonté 980 places rien que sur cette partie, le braquet tout à droite.  Dans le parc, j’aperçois le vélo de mon autre pote lillois, Damien Béthencourt, qui vient déjà de poser le sien.

Je me sens très bien, comme à Nice, j’ai le sub3 dans les jambes. Je pars sur un tempo plus lent pour assurer le coup car tout le monde m’avait averti que cette dernière épreuve était particulièrement exigeante ici. Le marathon débute sur Alii Drive, une route mythique qui longe le bord de mer avec ses cocotiers, ses plages, ses supporters, la ferveur, c’est magnifique et là encore, des frissons. Je rattrape mon pote Damien qui me dit comme un message prémonitoire ’’Go Titan, garde ce rythme, ça va péter devant !’’. Je croise l’allemand dans l’autre sens qui est 4ème de ma catégorie à ce moment là (je dois être 6-7ème), et je me dis ‘’ toi, je vais te manger !’’.

 

Puis, très vite, au 13ème km avant de grimper Palani Road, je me rends compte que quelque chose ne va pas.  Je n’ai jamais ressenti ça auparavant. Impossible de garder mon rythme. Je me sens fébrile. J’ai chaud. Je suis au bord du malaise. Mon corps n’arrive plus à se refroidir. Je m’arrête aux ravitaillements pour bien m’arroser. L’eau qui coule sur les brulures que je me suis faites avec les frottements de ma trifonction me fait l’effet d’une décharge électrique. Je réalise qu’il me reste encore 30 kilomètres, je ne vais jamais tenir jusqu’au bout. A ce moment-là, je pense abandonner.

Puis je me ressaisis. Je n’ai pas fait le tour de la terre pour abandonner, je finirai à pieds s’il le faut ! La Queen K est une horreur, une longue ligne droite interminable sous la chaleur suffocante. Je retrouve mon pote Damien qui m’avait redoublé un peu plus tôt, lui aussi est à l’arrêt. On marche ensemble sur cette autoroute, la scène est assez irréelle, mais on en rigole ! On envisage de finir les 25 derniers km ensemble, en marchant. Mais je décide de repartir en petites foulées, je ne suis pas venu ici pour marcher. 

Au fil des kilomètres, je retrouve un peu de force, en entrant dans ce magnifique lieu qu’est Energy Lab. Je pose le cerveau, je ne réfléchis plus, tout le monde autour de moi est à l’arrêt. C’est dans Energy Lab que la course prend une toute autre dimension, la scène est surréaliste, tout le monde s’est mis en mode automatique. C’est dans cet espace lunaire et chaotique que le mental prend le dessus. Je suis entouré de guerriers comme dans un film de science-fiction. Il fait terriblement chaud. Il va falloir aller chercher cette énergie en nous mêmes. On s’encourage. Je termine ce marathon un peu comme un zombie, ma plante de pied me fait affreusement souffrir. Je dois avoir une fracture de fatigue. Mes chaussures pèsent 2 kilos car elles sont gorgées d’eau. Ce calvaire est interminable.

À 1 mile de l’arrivée, des français m’annoncent que je suis 3ème, que ça va finir au sprint ! Je découvre alors en moi des ressources insoupçonnées pour terminer à fond ce marathon et finir sur le podium de ma catégorie avec un temps de 9h36 (3h29 sur le marathon). Des frissons. Cette dernière ligne droite et ces rangées de drapeaux, cette ferveur, cette ambiance ! Je m’écroule dans les bras de 2 bénévoles, ‘’It’s your moment Tristan, it’s your moment !’’

Merci à tous ceux qui m’ont suivi derrière leur écran cette nuit là, à tous ceux qui m’ont envoyé des messages d’encouragements.
Merci à ceux qui ont donné pour l'association Petits Princes. Avec Margaux Beaufils, on a récolté 3000€ grâce à vous et réalisé le rêve d’une petite fille.
Merci à mon club du Lille Triathlon !
Merci à Victoire Cycles pour la machine de guerre !

Quelle année !! Si j’avais su dans quoi je me lançais en septembre 2016 ! Retour aux études maintenant, avec le concours d'internat comme objectif à la fin de l'année. 

Nous devons bien avoué que lorsque Tristan nous a contacté pour son projet de vélo de triathlon sur-mesure, nous n'avions pas conscience de son talent. Tristan nous a fait totalement confiance dans la réalisation de son vélo de chrono, nous laissant carte blanche pour la conception. Nous sommes très fiers d'avoir pu collaborer avec lui sur ce projet et d'avoir un tel ambassadeur. Ce fut un réel plaisir suivre ses performances tout au long de l'année, et nous lui adressons tous nos voeux de réussite pour la suite de ses études. 

 

Revivez la folle saison de Tristan : 

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