Présentation du Concours de Machine 2016 (1/3)

Présentation du Concours de Machine 2016 (1/3)

Les Cycles Victoire et le magazine 200, organisent cette année la première ré-édition du Concours de Machines. Cette compétition qui se déroula de 1934 à 1949 réunissait les constructeurs français de vélo artisanal, au cours de laquelle ils mettaient à l'épreuve du terrain leur "machine" spécialement conçue pour l'occasion. Elle se déroulera cette année les 1, 2 et 3 juillet à Ambert (63), en marge de la cyclosportive Les Copains, qui nous mettent à disposition leurs parcours, leur organisation et leur public. Cet événement, très populaire parmi les cyclistes (près de 2500 participants en 2014), est reconnu pour son ambiance amicale qui correspond parfaitement à l'esprit du concours, et la qualité de ses parcours. Le massif du Forez offrira pour l'occasion un environnement idéal pour mettre à l'épreuve les différentes machines des constructeurs. Nous vous proposons cette semaine de découvrir le Concours en trois épisodes. Nous commençons aujourd'hui par son historique et ses objectifs.

Historique

Le premier concours en date fut organisé dans les Pyrénées en 1903 par le Touring Club de France. En 1922  il se déroula en Auvergne toujours sous l’égide du T.C.F. avec un parcours de 660 km en plusieurs étapes entre Clermont-Fd et Aurillac en passant par le Puy-Mary. Il faudra attendre l’édition de 1934 pour vraiment marquer les esprits et faire un bon prodigieux dans la technique de la bicyclette. Une nouvelle fois, la compétition se déroula en Auvergne, avec un départ de Clermont-Ferrand pour rejoindre Saint-Etienne en 3 étapes et 460km à travers le Sancy, le Cantal et le Forez. A cette époque, les artisans du cycle étaient nombreux mais les vélos de cyclotourisme étaient peu performants et pesaient près de 18kg. C'est pour pousser les constructeurs à innover que le Groupe Montagnard Parisien créa ce concours.

L'émulation créée par cet événement permis aux bicyclettes de se moderniser fortement avec l'apparition d'avancées techniques majeurs. Le poids des vélos fut réduit de moitié, le concours imposant un point de référence de 9kg sans les pneus, démontrant ainsi que les vélos pouvaient être à la fois fiables et légers. De nouvelles configurations apparurent, comme le double plateau, le dérailleur avant ou les garde-boues enveloppant.

Les différents concurrents s'affrontèrent sur les routes sélectives du Massif Central, qui, à la sortie de l'hiver, augmentaient encore la difficulté. Cependant, le Concours de Machines n'était pas une course, mais bel et bien une compétition technique entre les différentes machines. Les épreuves sur lesquelles s'alignaient les coureurs représentant les constructeurs étaient là pour mettre à l'épreuve du terrain les différentes configuration.

A l'issu de chaque étape, chacun des vélos est examiné avec soins. Chaque détérioration est pénalisée. A l'issu du concours, le vélo vainqueur est celui qui a présenté le meilleur compromis entre innovation technique et fiabilité sur le terrain.

 

D'autres éditions du Concours de Machines ont ensuite eu lieu à Colmar, Annecy, Grenoble , mais aussi, déjà, dans le Forez. La dernière édition eut lieu en 1949, à Ceyrat, à deux pas de Clermont-Ferrand et de l'atelier des Cycles Victoire. L'Auvergne aura accueilli la première et la dernière édition du Concours, bouclant ainsi la boucle, et, joli clin d'oeil, c'est encore dans cette région qu'il renaîtra.

Cet événement fut bénéfique pour les constructeurs en différents points. Cela leur a permis de montrer la supériorité de leurs productions face aux vélos issus des grandes séries, révélant ainsi des constructeurs comme Nicolas Barra (Cycles Barra) ou André Reiss (Cycles Reyhand). Ils devinrent ainsi les précurseurs des vélos modernes, avec une avance considérable sur leur temps. Nombre d'avancées techniques de l'époque sont encore actuelles de nos jours.

L’Auvergne, terre de cyclisme

Nous l'avons vu, l'histoire du Concours de Machines est très liée à l'Auvergne, la région se prêtant notamment merveilleusement bien à la pratique du cyclisme. L'été 2016 sera riche en événement cycliste sur la terre des volcans. A la suite du Concours, le Tour de France arrivera le 6 juillet à la station du Lioran. La forte actualité cycliste dans la région à cette période permettra de mettre davantage en lumière le Concours de Machines et le vélo artisanal aux yeux du grand public. 

Le début du mois d'août marquera le départ de la Transcontinental Race. 250 participants s'élanceront de Muur Kapelmuur en Belgique pour rejoindre Gallipoli en Turquie. Un voyage de plus de 4000km en totale autonomie, marqué par quatre points de passages obligatoire. Le premier sera Clermont-Ferrand et le mythique Puy-de-Dôme. 

Enfin, nous sommes heureux de prendre part à l'organisation d'un superbe événement à la fin du mois de septembre. Il se présentera sous le format d'une course se déroulant par équipes mixtes de 4 personnes, et mêlera routes et chemins sur un circuit d'environ 160km et 3000m de dénivelé. Plus d'infos très bientôt!

Les objectifs

A l'heure où l'artisanat et la fabrication française reviennent avec force sur le devant de la scène, il nous est paru important de remettre en lumière notre métier. Les Concours de Machines originels étaient de féroces compétitions, où les concurrents mettaient à rudes épreuves leurs machines, de manière intensive, sur plus de 1000km. Les vélos devaient respecter un certain nombre de critères très strictes, sous peine de pénalisation.

Nous ne voulons pas faire de cette ré-édition une copie conforme de ce qu'il se faisait il y a plus de 60ans. Le marché a énormément évolué, avec une délocalisation très forte de la production sur le continent asiatique, l'apparition de nouveaux standards, de nouveaux matériaux et de nouvelles technologies. La place des artisans aussi a beaucoup évolué. Leur nombre n'a cessé de diminuer, les savoir-faire ont disparu... Cependant, et l'organisation du Concours nous le confirme, il existe un engouement fort pour le vélo artisanal, qui ne demande qu'à progresser et se faire connaître. Ces deux leitmotiv qui seront le credo de cet événement. Nous voulons avant tout faire connaître notre travail et notre savoir-faire au grand public, cyclistes ou non, et montrer qu'il existe des alternatives aux grandes séries, et une vision différente du cyclisme. Le second objectif sera de faire progresser notre métier, par le biais de la compétition qui, nous l'espérons, créera une émulation qui permettra un chacun d'innover et surprendre. Enfin, les constructeurs français ont peu l'occasion de se croiser. En réunissant une grande partie des acteurs français du vélo artisanal, nous pourrons faire un état de lieux sur ce secteur. Nous pourrons par la suite collaborer, s'entraider et donner du poids à notre savoir-faire pour faire progresser notre travail.

Cela ne signifie pas que la compétition sera délaissée pour autant. Nous avons prévu au cours de ces 3 jours des épreuves exigeantes, qui solliciteront fortement les pilotes et les machines. Un jury international, venant de différents horizons, mélangeant professionnels, historiens et techniciens, aura la lourde tâche d'évaluer la qualité de chacune des créations. A ce jour, 19 constructeurs sont inscrits. Nous avons choisi de limiter au maximum les contraintes techniques pour laisser libre court à chacun d'exprimer sa vision de la randonneuse légère, qui sera le thème de cette année. 

La suite des détails au prochain épisode, restez connectés!      

 

Un grand merci à Christophe Courbou et Bicycle Quarterly pour les photos d'archives!
 

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